La CRÉÉAA

La CRÉation par Études et Analyse par l’Action
à partir de La Mouette de Tchekhov, dialogue Nina – Treplev. Acte 4.
(Pédagogie russe d’acteur et de mise en scène)

Studios d’une durée de 3 jours, 5 jours, jusqu’à 6 semaines de 9h à 18h.
Destinés aux acteurs professionnels et en formation.
Limité à 12 personnes.

Intention
Je suis d’accord avec le Dr Dorn de La Mouette alias le Dr Tchekhov qui sait…? lorsqu’il dit au jeune auteur metteur en scène Treplev : « Je voulais vous dire ceci : vous avez choisi votre sujet dans le domaine des idées abstraites, et vous avez bien fait ; une œuvre d’art doit partir d’une grande idée. (…) dans toute œuvre, il doit y avoir une idée clairement définie. Vous devez savoir pourquoi vos écrivez, sinon, à suivre cette voie pittoresque sans but précis, vous vous égarerez, et votre talent vous perdra. »

Je ressens qu’il est essentiel pour le théâtre de mettre en action le sens de l’œuvre.
Créer, jouer pour la catharsis de l’acteur et du témoins.
Créer, jouer par l’outil de la question de l’œuvre.
La question de l’œuvre comme générateur de jeu et de mise en scène.

J’ai trop vu de travaux qui ne s’occupaient que de formes et manières refusant par une sorte de principe de s’occuper de la question de l’oeuvre et se protégeant sous la formule consensuelle       « Non mais ça, c’est à chacun d’interprèter comme il l’entend… ».
Je suis trop souvent sorti de spectacles en me disant « Bon, d’accord, il y a un travail, et alors pour quoi ? vers quoi ? »
J’ai trop entendu commenter le public « Elle est bien, il est pas mal par contre celui-là je l’aime pas du tout. Il y a des idées… » et ne pas se préoccuper du tout de ce que le contenu de la pièce lui faisait. Et c’est finalement compréhensible puisque ce contenu n’était pas actif.

Or, personnellement, cette question et comment la rendre active dans le théâtre m’a toujours taraudé, excité. Alors je me suis mis en quête. Aujourd’hui après plus de vingt cinq années de pratique, dont quatorze à suivre l’enseignement de Vassiliev héritier de la grande pédagogie russe, je suis en mesure de partager, de vous proposer ce travail la CRÉÉAA CRÉation par Études et l’Analyse par l’Action qui va du contenu vers la forme, qui transforme la question, le paradoxe en jeu vivant, en mise en scène.

Il s’agit d’inviter l’artiste à développer une capacité spéciale, extrême, celle d’être et d’agir dans le temps du jeu à la fois en acteur et en metteur en scène de l’action inscrite dans le matériau de l’auteur. (Cf. article http://pierreheitz.fr/?p=411)

J’ai pu vérifié maintes fois que ce moyen ouvre la créativité, l’expressivité des acteurs. Il apporte une approche collective et autonome de la création d’un spectacle. Il remet au centre la question de la catharsis de tous, celle du public et celle des artistes.

L’analyse par l’action, les études sont autant une méthode de création d’une pièce qu’une pédagogie pour le travail de l’acteur sur soi.
Le processus débute par l’analyse du texte de façon collective, interactive et guidée par le metteur en scène ou le pédagogue selon au moins trois critères, la composition, la structure, le contenu. Cette analyse, à régénerer sans cesse, fournit une partition, un guide pour improviser. Une étude est une improvisation libre selon cette partition-guide. Le renouvellement des études et des retours à l’analyse constitue la répétition par études. L’intention est de se rapprocher du texte de l’auteur (sans l’apprendre mécaniquement) en accumulant toute la matière nécessaire à l’acteur pour créer le rôle et à l’équipe pour créer le spectacle. Ce mode de travail invite les acteurs à ouvrir, développer, engager leur créativité, sentiments, sensations, questions, désirs, leur analogie personnelle …. Il invite le groupe à ouvrir une atmosphère créatrice, joyeuse, humble… Avec l’implicaton que ce travail demande, l’ensemble se met en quête de l’action qui se définit aussi bien comme l’épreuve par le plateau que comme le mouvement, la vibration de la question de l’œuvre …

La Mouette parle de notre art du théâtre, de notre créativité, elle nous procure une analogie propice à nous élancer dans ce processus à l’encontre de la volonté de résultat. Stanislavski a inventé ce moyen pour générer un acteur créateur, une mise en scène par le plateau et pour faire s’émouvoir le sens en action.

Déroulement quotidien
Tenues :  
une tenue souple pour l’échauffement et une pour le jeu.
1er temps :
– Analyse collective interactive guidée de la partition du dialogue
– Éclaircissement des règles du jeu de « l’étude » (improvisation selon la partition)
2ème temps : Accord entre partenaires d’étude (échange en privé sur la compréhension de l’analyse, les sensations, les émotions… communes)
3ème temps : Préparation physique et mental pour le jeu (yoga, jeux).
4ème temps : Présentation collective des études en disposition bi frontale (sans interruption)
5ème temps : Retour collectif et individuel interactif guidé. Nouvelle orientation.

Dès le deuxième jour, les études ont lieu le matin après un temps de question, un nouvel accord entre partenaires, un échauffement.

Exemple d’analyse par et pour l’action
Pour transformer en jeu et mise en scène le mystère de la pièce aussi célèbre que complexe de Genet Les Bonnes que nous avons crée en 2008, l’analyse par l’action nous a permis aux actrices et à moi metteur en scène acteur, d’élucider que l’action de la pièce tourne autour de ce paradoxe : une représentation de théâtre est-elle la narration d’une histoire ou est-elle une « cérémonie », un sacrifice ? Si c’est un sacrifice alors de qui, de quoi et pour qui, pour quoi ?
En tentant de répondre à ce questionnement, nous explorons ce que Genet (Lettre à Jean Jacques Pauvert) et les rôles ont « en quête », par bonheur nous tombons sur les fondations du théâtre. Arrivent alors naturellement la forme du jeu et de la mise en scène qui dans ce cas sont extrêmement joyeux, sensibles et émouvants. Dans la terminologie de l’école russe, on appelle ça les structures psychologiques mixtes, c’est à dire celle qui activent à la fois le contenu et l’histoire, celle qui cachent le contenu dans l’histoire, celle dont le contenu génère l’histoire et non l’inverse…
C’est que je souhaite partager avec ceux qui le désirent.
La captation de cette mise en scène des Bonnes est visible par les liens suivants :
Partie 1 : https://vimeo.com/51811491
Partie 2 : https://vimeo.com/51818270
Partie 3 : https://vimeo.com/51866226

Intention de pédagogue
Je suis professeur de théâtre parce que j’éprouve une émotion particulière à voir une personne s’élancer dans l’inconnu puis ouvrir, assumer et développer sa créativité, son expressivité.
Je suis professeur de théâtre parce que je veux voir avec le public un acteur à la fois siprituel, corporel et émotionnel, un acteur à la fois pour le sens et par le sens, un acteur touché personnellement, impliqué, créateur dans l’instant, un acteur joueur et réel, un acteur sorcier dans la direction que proposait Artaud. Je suis professeur de théâtre parce que je veux voir avec le public un ensemble d’artiste réuni pour agir la question du sens, le mystère de la pièce, pour en faire un ballon de jeu entre eux et en commun avec le public, avec une beauté telle que tous en soit ému, ouvert dans son âme et dans son cœur.
Il me semble que j’ai toujours eu l’intuition de ce désir et c’est sans doute lui qui m’a fait suivre l’enseignement de cette école russe d’acteur et de mise en scène, et de cet homme particulier, Vassiliev, pendant quatorze années car c’est surtout dans cet enseignement que j’ai trouvé les outils de mettre en réél ce désir. Cependant praticien d’autres moyens, de l’école française et de sa langue, je fais le vœu de l’enrichir de ce que j’ai appris partout.

Parcours Pierre Heitz  – Voir page parcours

Metteur en scène, acteur, pédagogue, auteur dramaturge
– ENSATT Lyon Mise en scène 2004/08
– Théâtre Ecole de Passage Paris
– Conservatoire de Lyon
– Stages et laboratoires
– D.E. – C.A. – P.E.A.

Article de retour après stages les stages de Juillet 2015

Structure administrative – Organisme de formation agréé.

Cie Perceval.

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